Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /Mai /2008 17:40

Samedi soir, le théâtre de Saumur était plein à craquer : Sansévérino à l’affiche. M. le Maire, les adjoints aux finances et à la culture étaient là. De toute évidence, ils ont passé une mauvaise soirée.

 

Sur le parvis, nouveau signe de la mobilisation, un tract était diffusé pour alerter les spectateurs sur le risque d'un appauvrissement culturel de la saison prochaine.

 

Si l’entrée au théâtre avait un petit goût amer, la musique de Sansévérino ou les provocations nombreuses et répétées de l'artiste entre ses chansons (sur la politique, la religion, le sexe) n’ont pas été du goût des élus qui ont quitté la salle avant la fin.

 

Pour le public, la soirée était excellente : à la fin du spectacle, debout, il applaudissait chaleureusement les musiciens réclamant plusieurs rappels.

 
On peut ne pas aimer Sansévérino. On peut aimer les chansons de l'artiste et ne pas être d'accord avec ses propos. C'est toute la richesse et l'intérêt du spectacle vivant dans lequel la liberté de parole de l'artiste permet d'aller au-delà de la simple écoute d'un disque.
 

Un chanteur comme Sansévérino pourra-t-il encore se produire à Saumur dans les prochaines années ? Nous aimerions pouvoir en être certain.

Par culture saumur
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Commentaires

C'était incroyable, on avait l'impression que l'artiste connaissait les conflits qui agitent la conception de la culture saumuroise et avait décidé de mettre le feu aux poudres !! Spectacle extraordinaire ... et quel public en liesse ! Bravo à tous les spectateurs qui ont fait mentir notre réputation de "gens froids" comme le disait Boule en première partie avec tant d'humour.
Commentaire n°1 posté par Amelie Pacaud le 19/05/2008 à 14h24
J’aurais dû passer une soirée très sympa samedi soir : Sansévérino en tournée à Saumur, un musicien connu pour être une vraie «bête de scène» proche de son public, un swing et des textes décoiffants, des musiciens excellents, un concert généreux de deux heures… Mais voilà, parti dans un de ses délires d’entre deux chansons, dès le début du spectacle, Sansévérino a dérapé et gâché ma fête. Non, tous les spectateurs n’ont pas eu le cœur d’applaudir debout. Quand un personnage, quand bien même un artiste, dit à son auditoire «il faut que vous reconnaissiez, vous, les gens d’obédience catholique, que vous avez vraiment une religion de merde… »; quand il mime plusieurs fois, pour illustrer ses propos d’une lourdeur confondante, des gestes obscènes (si-si, regardez la définition du mot dans le dictionnaire) en présence d’enfants assis au premier rang, au risque de les blesser, la ligne rouge n’est-elle pas franchie ? Posons-nous un instant cette question : comment peut-on se dire choqué devant la banderole de footeux imbéciles insultant les Ch’tis en les traitant de pédophiles et rire avec complicité de la même insulte envers le clergé catholique? N’y a-t-il pas là un paradoxe ? J’ai eu honte des rires de certains spectateurs à ces minutes là. Provocation d’artistes diront certains. Quelle indulgence ! Il faut s’entendre sur les mots : où finit la provocation (qui peut être drôle, géniale, dérangeante, salvatrice) et où commence l’insulte qui blesse, qui salit ? A moins d’admettre qu’un glissement sémantique mâtiné de « politiquement correct bien dans l’air du temps» (autre sorte de bien-pensance ?) nomme « provocation » ou « expression de la liberté de parole de l’Artiste » une insulte lourde, stupide et gratuite (qui avait en plus la prétention d’être drôle !) au simple prétexte qu’elle émane de l’esprit d’un musicien excellent et artiste un peu foutraque ? L’artiste est dans son rôle lorsqu’il, étonne, surprend, émeut, déroute, réjouit son public ; le fait réfléchir, s’interroger, douter, lorsqu’il le tire vers le haut. Je doute que l’insulte soit un ingrédient indispensable pour atteindre ce but. Cette tirade insultante n’était-elle pas au contraire, à bien y réfléchir, extrêmement convenue, attendue, tout compte fait facile et sans aucun courage car sans aucun risque. Les catholiques saumurois ne sont pas connus pour être de grands violents! … Je doute par ailleurs que Sansévérino ait jamais osé s’attaquer à d’autres religions de la même façon … En tout cas, ce petit jeu de provoc malsain aura eu, dans le contexte actuel saumurois, un effet totalement contre-productif ! Les élus ont quitté la salle, confortés dans leurs appréciations et préjugés! J’aurais préféré qu’ils choisissent de rester pour en discuter avec Sansévérino après le spectacle. Qui sait, peut-être auraient-ils reçu des excuses !... On annonce le retour d’une certaine censure dans la conception qu’ont certains nouveaux élus de la Culture … En février 2007, à propos de l’affaire des caricatures de Mahomet et du procès intenté à Charlie Hebdo qui les avait reproduites, quelqu’un a dit « préférer un excès de caricature à un excès de censure ». Un certain… Nicolas Sarkozy. Alors, prenons du champ, acceptons de ne pas tout contrôler dans le spectacle vivant et rappelons-nous que l’insulte (encore faut-il la démasquer) ne déshonore que son auteur. Catherine Bitaudeau
Commentaire n°2 posté par Catherine Bitaudeau le 19/05/2008 à 22h41

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