Nous tenons ici à féliciter Michel Apchin et Diane de Luze pour leur perspicacité.
J+120 : cela fait maintenant 120 jours que M. Apchin a annoncé en conseil municipal qu’il nous répondrait…
Pourquoi M. le Maire refuse-t-il toujours le dialogue ? Ne sommes-nous pas assez respectables pour être reçus ? Pourquoi cette réunion publique que nous demandions n’a-t-elle toujours pas été proposée ? Nos interrogations demeurent importantes et nous aimerions savoir si M. le Maire et Mme l’adjointe reconnaissent avoir fait des erreurs en début de mandature ou s’ils assument chacune des décisions (et contre-décisions !) prises.
Peut être M. le Maire et Mme l’adjointe espèrent-ils que nous nous lasserons et que leur silence sera contagieux. C’est bien mal nous connaître ! Nous sommes trop attachés au dynamisme culturel de la ville de Saumur pour rester sans voix.
Mais que faire pour rester un contre-pouvoir citoyen dynamique ?
Le blog doit-il se faire l’écho des turpitudes et des incohérences de la mairie de Saumur en matière culturelle ?
Certainement.
La rentrée aurait pu être l’occasion d’une multitude d’articles ironiques : on aurait pu raconter par le détail le fiasco de l’ouverture de la saison culturelle au musée de la Cavalerie avec seulement 80 personnes (les petits fours étaient prévus pour 200 !) qui ont pu entendre Mme l’adjointe à la culture lire le programme de la saison et s’étonner elle-même qu’on puisse proposer des spectacles rocks pour les enfants… On ne manquera pas de se faire l'écho de ce genre d'exploit.
Le blog doit-il rester vigilant quant aux choix budgétaires de la municipalité en matière culturelle ?
Sans doute.
A l’heure où M. le Maire déclare dans un premier temps qu’il doit revenir sur sa promesse électorale de ne pas augmenter les impôts et annonce le lendemain la création d’une police municipale, on se doit de rester extrêmement vigilant sur ces questions et regarder à la loupe comment la culture sera traitée dans le prochain budget.
Le blog doit-il se faire l’écho du dynamisme des initiatives privées,
associatives et personnelles, en matière culturelle ?
Peut-être.
Il faudrait éviter que le marasme culturel dans lequel semble vouloir nous plonger la municipalité ne soit contagieux. Le blog pourrait peut-être se faire l’écho du dynamisme culturel
des initiatives privées, associatives et personnelles sur le territoire. Nous pourrions peut être les mettre en valeur en annonçant les expositions, les concerts et spectacles, les rencontres
d'écrivains, les projections de films d'auteurs, à partir d’un réseau de correspondants qui alimenteraient une chronique régulière ?
N’hésitez pas à nous donner votre avis en envoyant un message à culture@netcourrier.com ou en proposant un commentaire à cet article.
Le 27 juin dernier, au cours
du conseil municipal, Sophie Tubiana, ex-adjointe au maire de Saumur, chargée de la culture, demandait à M. Apchin s'il avait ou non l'intention de répondre au 476 citoyens qui l'avaient
interpellé à travers la lettre ouverte publiée sur ce site. "Je répondrai", avait-il dit.
Trois mois après la publication de la lettre ouverte dans le courrier de l'ouest, les citoyens de Saumur attendent toujours. M. Apchin réfléchit, il se concentre. "Il répondra".
Quand?
A Pâques, ou à la Trinité. Peut-être.
En attendant, les Saumurois s'interrogent. Doivent-ils considérer comme une réponse la fermeture si opportune du théâtre de Saumur ? Ce serait prêter à cette nouvelle équipe municipale
des intentions bien cyniques et peu chrétiennes en vérité, et nous ne voulons nous y résoudre.
Nous apprenons maintenant que le contrat de M. Mousseau-Fernandez, directeur de la culture à la mairie de Saumur, ne sera pas renouvelé. Est-ce là encore une forme de réponse de Monsieur le
Maire ? Sans doute M. Mousseau-Fernandez a-t-il eu le tort de programmer au théâtre de Saumur des spectacles de qualité. Le tort, encore, d'avoir contribué à multiplier par cinq le
nombre d'abonnés en quatre ans. Le tort, enfin, d'avoir insufflé à cette ville un certain dynamisme culturel. C'est une faute, en effet. Les habitants de la ville et des environs
sont revenus au théâtre, ils y ont pris du plaisir. Ils se sont enflammés pour certains spectacles. Des associations culturelles ont vu le jour et proposé une offre exigeante qui a su
trouver un public nombreux, passionné. C'est presque un crime, à Saumur. C'est impardonnable...
Ce licenciement qui ne dit pas son nom est-il un signe de plus illustrant la reprise en main idéologique des affaires culturelles de la Ville ? Pas du tout. On reconnait à la Mairie, du
bout des lèvres, la qualité du travail de M. Mousseau-Fernandez mais on le remercie, en faisant la moue, tellement content de se débarrasser de quelqu'un à qui tout réussit, mais qui a le grand
défaut de ne pas être de leur monde et de ne pas prendre les Saumurois pour des imbéciles.
Et la réponse à notre lettre ouverte ?
Apparemment, il n'y en aura pas. Mais, au-delà de ce silence méprisant, le Maire et ses adjoints nous gratifient d'une foule de signes concordants qui nous promettent cinq années de grand
spectacle. Nous ne manquerons pas de les commenter.
Cette municipalité est décidément un grand cru.
Depuis plus d'une semaine maintenant, M. le Maire de Saumur connaît l'existence de notre lettre ouverte qui demande entre
autres l'organisation d'une réunion publique sur la politique culturelle.
Près de 450 personnes ont signé cette lettre et nous n'avons à ce jour aucune nouvelle.
Pas la moindre réponse dans la presse.
Comment faut-il interpréter ce silence ? M.le Maire refuserait-il la discussion ? M. le Maire ne voudrait pas préciser les axes de sa politique culturelle ?
Quand M. le Maire entendra-t-il la demande d'une partie de ses administrés ?
M. le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux, nous n'osons imaginer que vous méprisiez l'appel qui vous est lancé par près de 450 personnes. Ce serait une bien curieuse
façon d'entamer votre mandat électoral.
"Elaborer un programme diversifié de spectacles pour tous publics (théâtre, musique, danse, chant,
divertissement) avec des tarifs accessibles au plus grand nombre en associant les acteurs culturels locaux." C'est en ces termes que le candidat Apchin s'exprimait en mars dernier, à la
veille des élections municipales, lorsqu'on l'interrogeait sur ses intentions en matière de politique culturelle. Deux mois plus tard, les Saumurois s'estiment trompés par ces propos.
En matière de diversité, le compte n'y est pas : le théâtre classique et la musique classique sont désormais surreprésentés au théâtre de Saumur. Les musiques du monde ont
totalement disparu. Les chansons à texte, les musiques actuelles et le théâtre contemporain sont quasiment absents ( une représentation pour chacun de ces genres...).
Pour tous publics ? Qu'on en juge, sur dix-neuf spectacles proposés au théâtre, huit relèvent du répertoire classique et ne devraient pas toucher des publics extrêmement variés... Les
collégiens et les lycéens ne viendront plus au théâtre. Quant aux spectacles pour les plus jeunes, ils ont été sauvés de justesse grâce à la mobilisation des Saumurois.
Des tarifs accessibles au plus grand nombre : les tarifs du CAPI (Centre des arts plastiques et de l'image) seront augmentés de 20% (décision prise en commission finances). Les
tarifs d'entrée pour les oeuvres lyriques devraient également augmenter.
Associer les acteurs culturels locaux... : entre l'annulation de l'exposition de photos du fonds Perruson, les menaces pesant sur le financement des associations culturelles
de Saumur, et l'annulation des représentations des spectacles produits en Pays de Loire (programme Voisinage), on se demande bien de quels acteurs il a pu être question dans la bouche de M.
Apchin.
Au-delà de ces propos de campagne électorale, il est clair aujourd'hui que le changement de la politique culturelle de la ville de Saumur sera en définitive radical. Sans aucune concertation
ni débat, sans aucune évaluation sérieuse, la municipalité a décidé de refermer Saumur sur elle-même et de ne plus permettre aux Saumurois d'avoir un accès aisé à la création
d'aujourd'hui.
Il est difficile d'en connaître les raisons. Peut-être est-ce l'ignorance de certains de nos élus en matière de création contemporaine. On ne s'improvise pas programmateur
comme cela et le suffrage universel n'a pas le pouvoir de transformer qui que ce soit, fût-il un peu cultivé, en spécialiste du théâtre ou de la musique d'aujourd'hui. Programmer est un
métier, rappelons-le.
Mais si ce n'est l'ignorance de nos élus en matière de culture vivante, peut-être découvrira-t-on les causes de ce bouleversement du côté de leur aversion pour tout ce qui interroge le
réel, leur aversion du vivant, justement, de l'imprévisible, de l'inconnu. Car nos élus de fraiche date n'auraient apprécié ni le Cabaret des hommes perdus ni le Stabat Mater
Furiosa de Siméon sans parler du concert de Sanseverino... Mais que nous importe qu'ils aient aimé ou non ? Les habitants de Saumur doivent-ils désormais vivre au diapason du
"bon goût" de leurs élus et les artistes programmés doivent-ils, avant toute chose, leur "plaire"? Ce serait une bien étrange conception de ce que doit être la vie
culturelle d'une cité de 30 000 habitants
Peut-être trouvera-t-on enfin les raisons de cette fermeture d'esprit du côté de la conception rétrograde de la culture qu'ont certains de nos nouveaux élus - nostalgiques
d'une culture de classe, en somme - qui voudrait tout à la fois rendre le théâtre de Saumur à la "bonne société" et tourner le dos au travail de démocratisation culturelle engagé
avec succès ces dernières années à Saumur (99 abonnés au théâtre en 2002, 530 en 2007: un exemple parmi d'autres de cette réussite).
Quoi qu'il en soit, ce changement radical est inacceptable pour nous, hommes et femmes vivant et travaillant à Saumur. Il est inacceptable pour nos enfants, pour nos amis.
Il ne répond pas à ce que la population est en droit d'attendre d'une politique culturelle digne de ce nom, ouverte sur le monde d'aujourd'hui. Cet appauvrissement
programmé nuira non seulement aux Saumurois, mais aussi au rayonnement de la ville. A nous maintenant, citoyens de cette ville que nous aimons, d'inventer la manière de
nous y opposer.
La commission culture de la Ville de Saumur s'est réunie le mardi 13 mai. Sophie Tubiana, ex-adjointe à la culture, membre de cette commission, nous a communiqué les changements de politique culturelle "voulus" par la nouvelle équipe municipale.
Le programme de la saison théâtrale 2008/2009 initialement prévu est amputé d'un certain nombre de spectacles.
Dix-neuf spectacles sont annoncés contre vingt-six pour la saison 2007/2008.
1- Trois pièces de théâtre sont programmées contre six pour la saison
2007/2008. Le théâtre contemporain disparaît presque complètement au profit du théâtre classique (Marivaux,
Tchekov). Seule une pièce de Koltès échappe à la "censure".
2- Les musiques du monde disparaissent complètement
3- La chanson française disparait presque complètement (un spectacle en mai 2009)
4- Les musiques actuelles sont sous-représentées (un spectacle de hip-hop en novembre 2008)
La part de la musique classique est en revanche renforcée (six concerts)
On notera la baisse importante du nombre de spectacles proposés (-7). Au vu de la programmation retenue,
on observera la prédominance du classique (musique et théâtre : huit spectacles), au détriment du contemporain (théâtre et musiques du monde : un
spectacle). En définitive, nous assistons bien
à une diminution et à un appauvrissement de l'offre artistique proposée par le théâtre de la Ville de Saumur.
Lors de la même commission, les élus de la nouvelle municipalité ont confirmé ce que nous vous avions annoncé il y a trois semaines. Ils ont ajouté à
cela d'autres suppressions que nous ignorions. Voici la liste des décisions prises :
A- le programme Voisinage est supprimé. Il permettait à des troupes régionales de présenter des spectacles contemporains. Ce programme bénéficiait du soutien de la Région des Pays de la
Loire.
B- le programme Spectacl'Appart est supprimé. Il permettait d'organiser chez des Saumurois des spectacles de chansons, de littérature et de mimes en offrant ainsi une réelle convivialité et une proximité des artistes avec leur public
C- les expositions d'art contemporain sont supprimées
D- le programme Parcours théâtral est supprimé. Il permettait à des collégiens et à des lycéens (350 cette année) d'assister le soir avec le public à deux spectacles de théâtre (contemporain/classique), de préparer le spectacle grâce à la médiation culturelle, et de rencontrer les comédiens ou les techniciens. Bénéficiant d'un soutien financier de la DRAC et du Rectorat, il ne coûtait presque rien à la Ville.
E- les Rencontres photographiques n'auront lieu qu'une année sur deux
F- l'opération "les Ronds-points de novembre" n'aura lieu qu'une année sur deux
G- la médiation culturelle, établissant des passerelles entre l'offre culturelle de la ville et la population, est fortemement réduite (il est question de supprimer le poste de médiateur culturel). .
H- enfin, au Centre des Arts Plastiques et de l'Image (CAPI), un
membre de l'équipe partant en stage pour un an ne sera pas remplacé : cela se traduira par une réduction de moitié du nombre d'ateliers proposés. Une augmentation de 20%
des tarifs pour les ateliers adultes a été également décidée
Cette liste parle d'elle-même. A vous de juger... et de réagir. Quant à nous, nous demandons solennellement au conseil municipal du vendredi 23 mai de ne pas
entériner ces décisions.
Samedi soir, le théâtre de Saumur était plein à craquer : Sansévérino à l’affiche. M. le Maire, les adjoints aux finances et à la culture étaient là. De toute évidence, ils ont passé une mauvaise soirée.
Sur le parvis, nouveau signe de la mobilisation, un tract était diffusé pour alerter les spectateurs sur le risque d'un appauvrissement culturel de la saison prochaine.
Si l’entrée au théâtre avait un petit goût amer, la musique de Sansévérino ou les provocations nombreuses et répétées de l'artiste entre ses chansons (sur la politique, la religion, le sexe) n’ont pas été du goût des élus qui ont quitté la salle avant la fin.
Pour le public, la soirée était excellente : à la fin du spectacle, debout, il applaudissait chaleureusement les musiciens réclamant plusieurs rappels.
On
peut ne pas aimer Sansévérino. On peut aimer les chansons de l'artiste et ne pas être d'accord avec ses propos. C'est toute la richesse et l'intérêt du spectacle vivant dans lequel la
liberté de parole de l'artiste permet d'aller au-delà de la simple écoute d'un disque.
Un chanteur comme Sansévérino pourra-t-il encore se produire à Saumur dans les prochaines années ? Nous aimerions pouvoir en être certain.
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